L’Enfant et les sortilèges
Vendredi 29 février 2008 à 19 heures 30
Samedi 1 mars 2008 à 20 heures 30
Dimanche 2 mars 2008 à 17 heures au nouveau conservatoire de Levallois
33 rue Gabriel Péri
92300 Levallois
Avec l’Orchestre Bel’Arte
Direction : Cyril Diederich
Programme :
Maurice Ravel : L’Enfant et les sortilèges
Vincent d’Indy : 16 Chansons Populaires
Concerts d’inauguration de la nouvelle salle de concert de Levallois
Solistes de la classe d’Art Lyrique du Conservatoire
Solistes de l’Ensemble Vocal d’Ile de France et de Levallois Lyrique
Jeune Chœur, Chœur d’Enfants et Ensemble Vocal d’Ile de France
Entrée libre sur réservations au 01 47 39 50 17
L’Enfant et les Sortilèges
L’Enfant et les Sortilèges est une fantaisie lyrique en deux parties composée par Maurice Ravel entre 1919 et 1925, en collaboration avec Colette qui en a écrit le livret (intitulé initialement “Divertissement pour ma fille”). Il s’agit du second et dernier ouvrage lyrique de Ravel, après L’Heure espagnole (1907).

« Colette la trop sensuelle et Ravel le trop sévère ne se fréquentaient pas. Mais ils s’admiraient, avaient le même regard incisif et froid sur leurs contemporains qu’ils cotoyaient dans les salons, partageaient un certain gout du scandale, celui d’une femme défiant la domination masculine pour l’une, celui d’un compositeur refusant l’héritage wagnérien pour l’autre. A eux deux, ils incarnent l’esprit des années folles durant lesquelles la gravité de l’entre-deux-guerres favorisait une boulimie de modernité. Et puis, bien sur, ils avaient en commun le même attachement à la mère, au paradis perdu des jeunes années, ce qui explique que, sans se rencontrer vraiment, ils trouvèrent la complicité artistique nécessaire pour créer cette oeuvre étrange et inclassable. En quelques jours, Colette écrivit un livret où la poésie se nourrissait des babils, des onomatopées, des maladresses langagières de l’enfance. Au bout de plusieurs années, Ravel y répondit avec une musique rigoureuse qui s’encanaillait joyeusement aux rythmes nouveaux, nés avec le siècle […] ».
Argument
Un enfant, las d’une douce vie, se livre à quelques saccages sur les meubles et les animaux qu’il fait souffrir. Les meubles vont se venger en s’animant et en narguant l’enfant. Sa bien-aimée, princesse des contes, lui dit adieu. La forêt et sa faune le menacent. Mais il va recueillir, pour le soigner, un écureuil blessé. Alors les bêtes vont peut-être lui pardonner….
Orchestration
Quintette à cordes, 2 Flûtes, Petite Flûte, 2 Hautbois, Cor Anglais, Petite Clarinette en Mi bémol, 2 Clarinettes, Clarinette basse, 2 Bassons, Contre-Basson, 4 Cors en Fa, 3 Trompettes en Ut, 3 Trombones, Tuba, 2 Timbales, Petite Timbale en Ré, Triangle, Tambour, Cymbales, Grosse Caisse, Tam-Tam, Fouet, Crécelle à manivelle, Râpe à fromage, Wood-Block, Eoliphone, Crotales, Flûte à coulisse, Xylophone, Célesta, Harpe, Piano (Luthéal).
L’Enfant et les Sortilèges est une succession de tableaux indépendants mêlant une multitude de genres musicaux, du jazz au foxtrot en passant par un ragtime, une polka, un duo miaulé, une valse et, en conclusion, un choral sacré. Ce fut pour Ravel l’occasion de démontrer l’ampleur de son génie orchestral, déployant toute sa palette et ayant recours, pour traduire les onomatopées dont regorge le livret de Colette, à des instruments pour le moins inhabituels: râpe à fromage, crécelle à manivelle, fouet, crotales, wood-block, éoliphone, flûte de lotus. Plus proche des actuelles comédies musicales que d’un opéra, L’Enfant et les sortilèges est une œuvre sans équivalent dans le répertoire ravélien. Il exprime la sensibilité du compositeur en même temps que son goût pour la féerie et la minutie de son orchestration. Son art s’accommode à merveille avec l’humour et le non-conformisme de Colette. Mais comme souvent avec les œuvres singulières, l’accueil fut moyen lors de la création, le 21 mars 1925, devant le public élitiste de Monte-Carlo. Pourtant le succès de cet opéra, aussi bien auprès des enfants que des adultes (car les niveaux d’interprétation sont nombreux), ne s’est jamais démenti.
Durée de l’œuvre : environ 45 minutes