Une Symphonie Alpestre

Jeudi 20 décembre 2007 et vendredi 21 Décembre 2007 à 20 heures, salle Philharmonique de Liège.

Avec l’Orchestre Philharmonique de Liège. Direction : Pascal Rophé. Piano : Anna Vinnitskaya.

Concert de Gala :

W.A Mozart - Concerto pour piano n° 20
Richard Strauss - Eine Alpensinfonie

OPL

Un orchestre gigantesque à la (dé)mesure de la description grandiose des sommets alpins et le premier lauréat du Concours Reine Elisabeth. Pour le vingtième anniversaire du CHU de Liège et du Fonds Léon Frédéricq.

Tarif: 65/33/26/16/10/7€ (hors abonnement)

[Programme - PDF]

Anna Vinnistkaya

Anna Vinnitskaya a été formée au Conservatoire Rachmaninov de Rostov, puis à l’École Supérieure de Musique et de Théâtre de Hambourg. Premier Prix du Concours Jaén (Espagne) en 2002, Premier Prix du Concours Elise Meyer (Hambourg) en 2004, Quatrième Prix du Concours Ferrucio Busoni en 2005, elle obtient en 2007 le Premier Prix du Concours Reine Élisabeth de Belgique. En juin 2007, elle a joué le Concerto n° 1 de Chostakovitch avec l’OPL et Pascal Rophé.

Richard Strauss

Né à Munich le 11 juin 1864 — mort à Garmisch-Partenkirchen en Bavière le 8 août 1949.

Son père, Franz Strauss, premier corniste au théâtre de la Cour à Munich, enseigne à partir de 1871 à l’Académie de Musique et en 1873 est en poste comme musicien de la Chambre du roi de Bavière. Richard Strauss lui doit un contexte musical propice. Il reçoit ses premières leçons de piano en 1868 avec August Tombo. Avec son cousin Benno Walter, maître des concerts à la cour de Bavière, qu’il prend des cours de violon dès l’âge de six ans. Il suit sa scolarité primaire de 1870 à 1874, et accompagne sa mère, Josephine Pschorr aux concerts et spectacles d’opéra. Il entre au Lycée Ludwig de Munich en 1874 et dès 1875, il suit des cours de composition et d’instrumentation avec Fr. W. Meyer, chef d’orchestre à la cour. Hermann Lévi, directeur l’Opéra de Munich, dirige en 1881 sa Symphonie en ré mineur. La même année il publie son premier opus, Festmarsch pour grand orchestre composée vers 1876.

Richard Strauss

Après l’obtention de son Baccalauréat (Abitur), il entre en 1882 à l’Université de Munich pour y suivre des études de philosophie, d’esthétique et d’histoire de l’art. La même année il assiste à une représentation de Parsifal à Bayreuth en compagnie de son père qui joue dans l’orchestre. Malgré l’aversion de ce dernier pour la musique de Wagner, Richard Strauss est attiré par cette musique. En 1883, année anniversaire de la mort de Wagner, plusieurs de ses œuvres sont jouées, dont la Sonate pour violoncelle à Dresde et Berlin. En 1884, il dirige sa Suite pour vents à Munich et la Symphonie en fa mineur est donnée à New York.

Il rencontre le chef d’orchestre Hans von Bülow en 1884, qui fera beaucoup pour propager ses œuvres en public. Il dirige cette année-là sa Sérénade pour instruments à vent (opus 7) et l’invite l’année suivante à Meiningen au titre de second chef d’orchestre. À Meiningen, il fait la connaissance de Brahms et d’Alexandre Ritter, premier violon de l’orchestre qui lui ouvre les univers de Liszt et de Wagner. Après le départ de Hans von Bülow de Meiningen, Richard Strauss est à partir du 1er novembre 1885, directeur de la musique de la cour. Sa sonate pour piano opus 13 reçoit un prix. Il abandonne ce poste en 1886.

Il effectue son premier voyage en Italie en 1886, obtient le poste de troisième chef d’orchestre à l’Opéra de Munich, fait un second voyage en Italie en 1887. Il compose ses premiers poèmes symphoniques : Aus Italien (opus 16) et Don Juan (opus 20) et rencontre la cantatrice Pauline de Ahna qu’il épousera. Il est quelques temps assistant à l’Opéra de Bayreuth, puis il est nommé en automne 1889, sur l’intercession de Hans von Bülow, second chef d’orchestre au théâtre de la cour. Il est de nouveau à Bayreuth comme chef de chant.

Suite à la maladie, il part en Grèce en 1892 pur se reposer, puis en 1893 voyage en Sicile et en Égypte. Il compose Guntram, son premier opéra qui est créé à Weimar en 1894, il se marie avec Pauline de Ahna le 10 septembre de la même année. La même année il est nommé second chef d’orchestre à l’Opéra de Munich, puis en 1896 il succède à Lévi comme premier chef. Parallèlement, il succède à son protecteur Hans von Bülow à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Berlin. Il fait de nombreuses tournées en Europe, et met régulièrement ses œuvres au programme. Son fils Franz naît en 1897.

En 1898, il succède à Felix von Weingartner à la direction de l’Opéra de Berlin. En 1900, à Paris, il rencontre Hugo von Hofmannsthal qui sera le librettiste des plus grandes œuvres : Elektra, Le Chevalier à la Rose, Ariane à Naxos, La Femme sans ombre, Hélène d’Égypte, Arabella. En 1901, Feuersnot est crée à Dresde par Ernst von Schuch, repris à Vienne en 1902 par Gustav Mahler ; Guntram à Weimar. En 1903, il est Docteur Honoris Causa de l’Université d’Heidelberg.

Il effectue, en 1904, une tournée de 35 concerts aux États-Unis d’Amérique avec son orchestre de Berlin, au cours de laquelle il donne la Symphonia Domestica (opus 53), qui clôt pratiquement le cycle de ses poèmes symphoniques, si on excepte l’ Alpensymphonie de 1914. Il ne se consacre plus qu’aux opéras, et à des soirées de Lieder qu’il compose pour sa femme. En 1905, il crée Salomé sur un texte d’Oscar Wilde à Dresde en 1905 et publie dans sa propre révision et en allemand, le Grand Traité d’instrumentation de Berlioz.

En 1907 il s’installe à Vienne, où il dirige des concerts populaires. Il accumule les fonction. En 1908, il est nommé à la tête de la chapelle de la cour de Berlin. De 1917 à 1920 il donne des cours de composition à l’Académie des arts, continue les tournée avec l’orchestre philharmonique de Berlin et crée une association de musiciens pour la protection de leurs droits d’auteur. En 1917 à La Haye avec Marie-Gutheil Schoder et le ténor Leo Slezac,
célèbre pous sa voix et son humour. En 1917, il contribue avec Hofmannsthal, à la création du festival de Salzbourg. Il prend en 1919, la co-direction de l’Opéra de Vienne aux côtés de Franz Schalk.

Il abandonne toutes ses fonctions en 1924 pour se consacrer à la composition. Hofmannsthal meurt en 1929, laissant Strauss assez désemparé. Il fait alors appel à Stefan Sweig qui signe ne 1931 le livret de La Femme silencieuse. Lorsque les nazis s’emparent du pouvoir en Allemagne, il accepte de diriger « La Chambre de musique du Reich », mais il ne partage pas l’idéologie raciste du régime. Il remplace en 1933 Toscanini qui refuse de diriger à Bayreuth sous le régime nazi, comme il avait refusé de le faire sous le fascisme italien.

Il exige, en menaçant de scandale, que le nom de Stefan Zweig, qui est de confession juive, reste sur l’affiche de La Femme silencieuse. Goebbels obtient alors sa démission. « Premier musicien du pays » selon ses termes, il se compromet avec le régime, participant à des manifestation officielles, et enrichissant de sa renommée les images de propagande chères au régime. Il compose l’Hymne Olympique pour les jeux de 1936. En 1940 il est au Japon pour fêter les 2600 ans de l’Empire. Toutefois son attitude distante le rend suspect aux autorités, d’autant que sa belle fille est originaire d’un milieu juif.

Après avoir été inquiété par les premiers procès de dénazification, en 1945, il se retire avec sa femme en Suisse. En 1949 il revient habiter sa villa de Garmisch et meurt le 8 août de la même année.

Source : Musicologie.org

Une Symphonie Alpestre

Une symphonie alpestre, op. 64 (Eine Alpensinfonie) est une œuvre de Richard Strauss composée entre 1911 et 1915. Le terme “symphonie” est paradoxalement rare dans l’œuvre de Strauss : si on excepte deux compositions de jeunesse, il n’en a écrit qu’une seule autre, la Sinfonia Domestica, datant de 1902. Ces deux opus sont d’ailleurs plus des poèmes symphoniques de vaste ampleur que de véritable symphonies. L’Alpestre se compose d’ailleurs de nombreuses courtes pièces, jouées d’une seule traite, et non pas de mouvements. Il s’agit, chronologiquement parlant, du dernier poème symphonique du musicien.

Strauss était un homme féru de montagnes : il acquiert dès 1908 une villa à Garmish dans les Alpes bavaroises et il y vécut jusqu’à sa mort. Sa Symphonie alpestre reste très descriptive comme l’atteste les sous-titres des différentes parties : on peut y entendre l’appel des cors alpins, différents oiseaux aux vents, les flots tumultueux du torrent aux cordes, jusqu’aux tintements des clochettes d’un troupeau dans le pâturage. Sa musique décrit chronologiquement une randonnée jusqu’au sommet et à l’arrivée de la nuit. Une autre interprétation, plus métaphysique, est donnée par le musicien lui-même, dans son journal où il dit avoir voulu sous-titrer son œuvre comme Antéchrist en référence avec l’ouvrage de Friedrich Nietzsche.

L’orchestration en est particulièrement riche, même par rapport aux autres œuvres symphoniques de Strauss. Ce dernier emploie plusieurs instruments inhabituels dont une “machine à vent” dans les percussions, un “heckelphone”, espèce de hautbois au registre plus grave, ou l’emploi d’ “aérophones”, dispositifs permettant de tenir une note particulièrement prolongée aux vents. Il emploie également, en plus du pupitre des vents de l’orchestre, une fanfare séparée constituée de 12 cors, deux trompettes et deux trombones. La création de l’œuvre a été faite à la Philharmonie de Berlin sous la direction de Strauss le 28 octobre 1915. La symphonie est jouée comme un tout, sans coupure mais comporte 22 parties. Son exécution demande un peu moins d’une heure.

Source : Wikipedia



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